Complexe QRS

Signal électrique ECG qui traduit la dépolarisation bi-ventriculaire (cf. Activation électrique des ventricules). Il annonce le début de la systole. Par convention, la première déflexion négative est appelée onde Q, la première déflexion positive onde R (la seconde R’), la négativité suivant l’onde R, onde S.

L’analyse morphologique des QRS comprend le calcul de leur axe dans le plan frontal, leur durée, leur amplitude et l’étude des différentes déflexions dans chaque dérivation.

Le calcul de l’axe

  • il renseigne sur la force électrique produite par la résultante des dépolarisations ventriculaires gauche et droite et donc de leurs masses musculaires respectives (sauf trouble conductif associé).
  • sa mesure s’effectue à l’aide du triangle d’Einthoven (cf. Axe des QRS).
  • sa valeur normale chez l’adulte est comprise entre -30 et 90° (l’axe se translate normalement vers la gauche avec l’âge) [1] .
  • une déviation axiale est utile pour le diagnostic d’hypertrophie ventriculaire et indispensable pour celui d’bloc fasciculaire. La mesure de l’axe est également utile pour préciser l’origine d’une tachycardie ventriculaire.

La durée du QRS est un paramètre délicat à mesurer [5] .

  • elle se mesure idéalement en s’aidant du début et de la fin d’un même QRS observé dans six dérivations alignées (frontales ou précordiales). La durée la plus grande est retenue. Les valeurs données par l’ordinateur sont généralement fiables, mais doivent être validées par le clinicien. La mesure sur une seule dérivation minore la valeur (cf. Intervalle).
  • elle dépend de la vitesse de conduction et de la distance que le front de dépolarisation doit parcourir.
  • elle varie proportionnellement avec la masse du ventricule gauche et sa taille en fin de diastole (en l’absence de trouble conductif) [2].  Elle est inversement proportionnelle à la fraction d’éjection.
  • la valeur normale chez l’adulte est comprise entre 0,07 et 0,11 sec, plus élevée chez l’homme et le sujet âgé. On parle de QRS élargis au-delà de 0,11 sec (en deçà selon l’âge) et de QRS larges à partir de 0,12 sec (cf. Complexes QRS larges) [1].
  • les ordinateurs fournissent des valeurs fiables sauf en cas de QRS de durée variable (la valeur proposée est alors une médiane).
  • Cette mesure est indispensable pour comprendre la physiologie de la conduction intraventriculaire (bloc IV proximal, distal…), rechercher une hypertrophie ventriculaire ou une toxicité métabolique (ex. hyperkaliémie) ou toxique (ex. Stabilisant de membrane) [1]

L’amplitude des QRS

  • elle se mesure entre les points le plus haut et le plus bas (hauteur exprimée en mm ou mV).
  • les valeurs normales varient considérablement en fonction de la dérivation, du sexe, de l’âge et de la morphologie.
  • des fortes amplitudes (≥ 30 mm ou 3 mV) s’observent chez les sujets masculins, plutôt jeunes et sportifs, ou en cas de bloc de branche gauche et/ou hypertrophie ventriculaire. Une tachycardie s’accompagne fréquemment d’une augmentation d’amplitude des QRS [4] .
  • des faibles amplitudes (microvoltage) s’observent chez les sujets à paroi thoracique épaisse (obésité, hypertrophie mammaire, œdème pariétal) et toutes conditions intrathoraciques qui réduisent le signal qui parvient à l’électrode (emphysème, épanchement péricardique, obésité, anasarque, pathologie pleurale gauche…) [3] .

L’analyse morphologique des QRS doit se faire dans chaque dérivation par comparaison avec l’aspect physiologique attendu.

Les QRS normaux

  • En précordiales droites (V1-V2) on attend un aspect rS (cf. Dérivation V1),
  • En précordiales gauches (V5-V6) on attend un aspect qR (cf. Dérivation V6).
  • Entre V1 et V6, on observe une progression harmonieuse des ondes R de V1 à V4 puis une décroissance jusqu’en V6, tandis que l’onde S  croît de V1 à V2 puis décroît jusqu’en V6. La zone de transition physiologique est située entre V3 et V4 sauf en cas de variante de la normale.

Les anomalies des QRS

  • Certaines sont dues à des erreurs de pose des électrodes
  • D’autres se reconnaissent à une signature spécifique qui traduit une pathologie (infarctus ancien, hypertrophie ventriculaire) ou un bloc de conduction proximal dans le système de His-Purkinje (vidéo bloc intraventiculaire)
  • D’autres enfin sont des anomalies non spécifiques qui fragmentent ou prolongent le QRS de façon non spécifique d’une pathologie mais sont de mauvais pronostic (vidéo QRS fragmentés ou bloc intraventriculaire distal).

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