Surcharge ventriculaire gauche

Anomalies secondaires de la repolarisation en rapport avec un « excès de charge » chronique, volumétrique ou barométrique, du ventricule gauche. Ces anomalies s’observent en cas d’augmentation du volume télédiastolique avec résistance à l’éjection et augmentation de l’épaisseur du myocarde (hypertrophie concentrique) ou dilatation ventriculaire (hypertrophie excentrique). Elles témoignent d’un remodelage électrique du ventricule. Le sous-décalage de ST est descendant, légèrement convexe en haut en dérivations gauches V5-V6(V4) et DI-VL(DII) et prolongé par une onde T inversée bifide, d’abord négative puis suivie d’une remontée rapide pour une positivation tardive (« strain pattern » des auteurs anglo-saxons).

L’aspect du ST-T est parfois très évocateur d’un canard de profil dont on voit le dos, le cou, la tête et le bec qui regardent le QRS suivant (P. Taboulet). L’inversion de l’onde T atteint souvent 5 mm, mais elle peut atteindre 20 mm au cours d’une cardiomyopathie hypertrophique.

Des indices d’hypertrophie ventriculaire gauche sont habituellement positifs

L’abaissement du point J est habituel en cas d’ondes R amples ou larges. Il est proche de 1 mm, mais il peut atteindre 4 mm au cours de QRS géants ou d’une cardiomyopathie hypertrophique

Une surcharge ventriculaire gauche isolée doit faire rechercher une hypertrophie ventriculaire gauche dont elle aggrave le pronostic (Hancock 2009], en particulier au cours des valvulopathies.

Formation vidéo (5 min) : Quiz HVG sur la repolarisation 

NB. Les signes de surcharge ventriculaire droite sont similaires et s’observent en regard des dérivations droites (surtout V1V3) en cas d’hypertrophie ventriculaire droite (ex. cardiopathie congénital type Fallot), pathologie pulmonaire chronique ou aiguë (cf. Embolie pulmonaire).