ECG : sportif normal

Le sport est une activité bonne pour la santé mais qui peut être associée à un risque de mort subite. « Un jeune âgé de 12 à 35 ans meurt chaque jour en France en faisant du sport » selon les données françaises de mort subite liées à une pratique sportive publiée en 2014 (plus de 1000 par an au total et environ 300 chez les 12-35 ans) [7].

L’ECG est un outil de screening pour le dépistage d’une cardiopathie chez le sportif. Pour l’obtention d’une licence sportive, la Société Française de Cardiologie (SFC) ne recommande un ECG 12 dérivations au repos, depuis 2009, qu’aux athlètes de compétition âgés de 12 à 35 ans, en complément de l’examen physique et de l’interrogatoire personnel et familial, tous les trois ans jusqu’à l’âge de 20 ans puis tous les cinq ans de 20 à 35 ans (car après 20 ans l’expression phénotypique évolue moins) [1][3].  L’ECG est recommandé aussi chez tous les sportifs symptomatiques, pour toute reprise d’activité sportive et tous les sujets à haut risque cardiovasculaire. Néanmoins, son usage systématique est contesté en Amérique et dans d’autres pays en raison de son manque de sensibilité et spécificité [4]

La lecture de l’ECG de repos chez un sportif de haut niveau (sport > 8 h/semaine) a pour but de reconnaître les modifications physiologiques ECG secondaires à l’entrainement des anomalies qui peuvent préexister (ou apparaître) et conduire à une mort subite. Ces modifications physiologiques s’observent chez la moitié des sportifs et leur prévalence varie selon l’âge, le sexe, le type de sport, le niveau d’entraînement et les critères électriques retenus.  Cette lecture doit donc être assurée par un professionnel averti [1][8].

 

MODIFICATIONS PHYSIOLOGIQUES

Des modifications physiologiques s’observent chez la moitié des sportifs et leur prévalence varie selon l’âge, le sexe, le type de sport, le niveau d’entraînement et les critères électriques retenus.

  • Une bradycardie sinusale < 50/min (parfois < 40/min) associée à une arythmie respiratoire prononcée est souvent la seule particularité. Elle témoigne d’un tonus parasympathique accru et peut s’accompagner d’un remodelage sinusal avec, à long terme, une maladie du sinus [1]. Des pauses sinusales < 3 secondes sont habituelles, en particulier la nuit. Des bradycardies majeures (< 40/min) sont relativement rares. On peut parfois observer temporairement un rythme d’échappement, le plus souvent jonctionnel.

NB. Après un test maximal d’effort classique, la récupération est considérée comme normale si la baisse de la FC est supérieure à 12 battements par minute au terme de la première minute. Une baisse inférieure à 25 battements à la 3e minute est un facteur de risque de surmortalité [2].

  • Des complexes QRS amples (« hypervoltés ») en V3-V4 sont fréquents (cf. Variantes ECG de la normale).
  • Un indice QRS d’hypertrophie ventriculaire gauche positif est fréquent, généralement bénin isolément. Rappelons que l’indice de Sokolow-Lyon de l’HVG n’est positif qu’à partir de 45 mm chez l’homme jeune. Chez le sportif, les indices de Cornell ou de Perugia (ou Romhilt-Estes), sont plus adaptés pour exclure une HVG [9].
  • Un indice QRS d’hypertrophie ventriculaire droite est fréquent, généralement bénin isolément.
  • Une hypertrophie atriale gauche ou droite isolée est bénigne [6].

Certains troubles de conduction sont bénins isolément :

  • Bloc de branche droit (il faut rechercher une cardiomyopathie arythmogène si ≥ 2 anomalies ECG) [5].
  • BAV du 1er degré (jusqu’à 400 ms), voire un BAV du 2e degré Wenckebach sont possibles chez le sportif [6]. Ils sont habituellement régressifs à l’effort [4].

Des troubles de repolarisation sont fréquents. Ils sont généralement bénins quand les anomalies sont mineures et disparaissent à l’effort ou après l’arrêt de l’entrainement.

  • Des ondes T inversées ondes T inversées de V1 à V3 sont fréquentes chez un athlète jeune (cf. Repolarisation juvénile). En revanche, des ondes T inversées dans les précordiales autres que V1, DIII,V R justifient un suivi cardiologique avec imagerie (Cf. ECG sportif pathologique).
  • Une repolarisation précoce (avec onde J), le plus souvent dans les dérivations latérales ou inférieures, est fréquente en particulier chez le sportif d’origine africain.
  • Un sus-décalage de ST associé à une onde T diphasique à convexité proximale en V1-V4 est assez caractéristique du grand sportif d’origine africaine (cf.  Inversion bénigne de l’onde T ou ou « black athlete repolarization variant ») [10].

Certains troubles de l’excitabilité atriale ou ventriculaire sont acceptables.

  • Une ESV ou ESA par tracé ECG de 10 sec est acceptable.
  • La visibilité d’une seule extrasystole ventriculaire par ECG est acceptable;
  • Certaines ESV sur coeur prouvé sain (cf. ESV infundibulaire) [4].

Pour une prescription de bilan de santé [6]

 

Voir : ECG sportif pathologique

 

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