Cardiomyopathie dilatée

Maladie du myocarde qui entraîne une dilatation majeure des cavités cardiaques, prédominant au niveau du ventricule et de l’oreillette gauches et une altération de la fonction systolique (en l’absence de maladie coronaire ou HTA prédominante). [1]

Les étiologies sont nombreuses (cf. Cardiomyopathies).[2] Le diagnostic étiologique repose sur la clinique, l’ECG, la biologie, l’imagerie et plus rarement une biopsie endomyocardique et des tests génétiques.

Les manifestations ECG peuvent manquer (ECG normal) et ne sont pas spécifiques.

Elles associent de façon variée :

  • Des anomalies de l’onde P (durée prolongée, amplitude réduite ou exagérée), une déviation axiale gauche, un aspect d’hypertrophie atriale gauche ou mixte
  • Des troubles du rythme atrial (ESA, fibrillation atriale…).
  • Un microvoltage est fréquent, surtout en dérivations frontales ou en cas d’anasarque ou épanchement péricardique.
  • Des troubles de conduction variés (bloc de branche gauche surtout ou bloc bifasciculaire, bloc intraventriculaire, bloc atrioventriculaire). Plus les QRS sont larges, plus basse est la fraction d’éjection du VG.
  • Des complexes QRS fragmentés parfois des ondes q de pseudo-nécrose
  • Des troubles de la repolarisation non spécifiques.
  • Les extrasystoles ventriculaires sont fréquentes, souvent polymorphes avec un aspect habituel de retard droit et axe anormal. Elles peuvent être révélatrices. Ces extrasystoles sont souvent répétitives ou organisées en tachycardie ventriculaire.

La mortalité annuelle est estimée autour de 6% dont la moitié serait due à une mort subite en rapport avec une arythmie ventriculaire.

 

Certaines anomalies ECG sont plus fréquentes en cas d’insuffisance cardiaque avec dysfonction systolique qu’en cas de dysfonction diastolique.[3]

[1] Elliott P, Andersson B, Arbustini E, et al. Classification of the cardiomyopathies: a position statement from the European Society of Cardiology Working Group on Myocardial and Pericardial Diseases. Eur Heart J 2008;29:270–6
[2] Lakdawala NK, Givertz MM. Dilated cardiomyopathy with conduction disease and arrhythmia. Circulation 2010; 122;527-534 (téléchargeable)
[3] Nikolaidou T, Samuel NA, Marincowitz C, Fox DJ, Cleland JGF, Clark AL. Electrocardiographic characteristics in patients with heart failure and normal ejection fraction: A systematic review and meta-analysis. Ann Noninvasive Electrocardiol. 2019 Oct 11:e12710 (téléchargeable) Thirty five studies were identified and 32,006 participants. ECG abnormalities reported in patients with HeFNEF include atrial fibrillation (prevalence 12%-46%), long PR interval (11%-20%), left ventricular hypertrophy (LVH, 10%-30%), pathological Q waves (11%-18%), RBBB (6%-16%), LBBB (0%-8%), and long JTc (3%-4%). Atrial fibrillation is more common in patients with HeFNEF compared to those with heart failure and reduced ejection fraction (HeFREF). In contrast, long PR interval, LVH, Q waves, LBBB, and long JTc are more common in patients with HeFREF. A pooled effect estimate analysis showed that QRS duration ≥120 ms, although uncommon (13%-19%), is associated with worse outcomes in patients with HeFNEF.n echocardiography is not immediately available or in patients with mid‐range left ventricular function.

 

ST elevation and depression: it is ischemia? The entire clinical context is critical.