Sous-décalage du ST. généralités

Déviation du segment ST au-dessous de la ligne de base. L’amplitude de la déviation se mesure à la fin du QRS (au point J) par comparaison avec le segment PQ.

Pour les hommes et les femmes de tous âges, la valeur seuil pour un sous-décalage anormal du point J dans les dérivations V2 et V3 est 0,05 mV (0,5 mm) et dans les autres 0,1 mV (1 mm) (Wagner DS, 2009)

Pour en déterminer l’étiologie, il faut :

– connaître les circonstances cliniques et le terrain (sexe, âge, sport, ethnie…),

– préciser le rythme, la fréquence cardiaque et la conduction intracardiaque

– définir le territoire électrique concerné (concordant ou diffus)

– préciser l’amplitude du sus-décalage (0,1 mV = 1 mm), sa courbe (concave ou non concave), sa proportionnalité avec l’onde R et/ou l’onde S et rechercher une onde J afin d’envisager une variante normale de repolarisation

– rechercher un ST- en miroir, des complexes QRS modifiés par l’ischémie et des anomalies de l’onde T et/ou de l’intervalleQ-T en faveur d’une étiologie ischémique (ischémie coronaire, anévrysme)

– rechercher l’existence d’anomalies ECG en faveur d’une étiologie non ischémique (ex. péricardite, hyperkaliémie, embolie pulmonaire,tako-tsubo, syndrome de Brugada…)

– étudier la relation entre dépolarisation et repolarisation afin d’envisager un trouble secondaire de la repolarisation ; en effet, un bloc de branche gauche, une hypertrophie ventriculaire ou un rythme électro-entrainé expliquent de nombreux ST+

– parfois multiplier les tracés pour étudier l’évolution du segment ST (ex. de quart d’heure en quart d’heure) ou comparer le tracé avec des ECG antérieurs afin d’en préciser le caractère ancien, stable et/ou dynamique des anomalies

– enfin proposer une hypothèse « électrocardiographique » qui réponde le mieux à la question clinique (cf. ECG : lecture, analyse et synthèse).