Réentrée

Réexcitation d’une région du cœur par un influx qui revient à son origine après avoir réalisé une boucle plus ou moins grande. Ce mécanisme explique la genèse de nombreux troubles du rythme (cf. Arythmie).

Le phénomène se produit lorsqu’un influx

  • (a) bloqué transitoirement dans un circuit de conduction en raison d’une légère prolongation de la période réfractaire
  • (b) revient par un circuit détourné ou lent
  • (c) et réactive la région redevenue excitable. Le retour de l’influx est responsable d’une dépolarisation prématurée de la région à l’origine d’un complexe prématuré ou d’une arythmie plus complexe si le phénomène se pérennise.

Il se produit dans des régions inexplorables par l’ECG (« microréentrée ») ou des circuits plus grands (« macroréentrée »).

  • Les microréentrées se produisent dans un circuit de réentrée trop petit pour se traduire par une déflexion sur un ECG. Il s’agit par exemple de microcircuits (ex. dualité nodale, anisotropie) à l’origine de bigéminisme, d’écho atrial, de tachycardie nodale et de certaines formes de tachycardie ventriculaire.

  • Les macroréentrées se produisent dans un circuit de réentrée identifiable sur un ECG. Il s’agit par exemple d’un circuit utilisant un faisceau accessoire (tachycardie réciproque sur faisceau accessoire) ou une réentrée de branche à branche (TV de branche à branche), une torsade de pointes,  une TV fasciculaire (un automatisme anormal à l’origine d’une extrasystole ventriculaire fasciculaire antérieur se propage par réentrée au sein du réseau postérieur) ou un flutter ventriculaire.

Un mécanisme de réentrée peut être retenu lorsque – au cours d’une exploration électrophysiologique – une stimulation électrique programmée peut initier ou terminer l’arythmie étudiée. L’identification d’un mécanisme de réentrée dans la genèse d’une arythmie oriente la thérapeutique différemment que s’il s’agît d’un hyperautomatisme ou d’un automatisme anormal.

 

Puech P et al. Mécanismes des troubles du rythme cardiaque. Dysrythmies cardiaques. Ed Roger Dacosta, 1985.