Fibres de Mahaïm

Faisceaux accessoires droits qui possèdent la double particularité d’avoir une conduction décrémentielle rappelant le nœud atrio-ventriculaire (d’Aschoff-Tawara) et une conduction antérograde généralement exclusive. Elles sont fréquemment associées à des faisceaux accessoires multiples et une conduction nodale accélérée [1]

Le risque est la survenue d’une tachycardie antidromique avec aspect de retard gauche, la conduction antérograde se faisant par la voie accessoire (préexcitation droite) et la conduction rétrograde par le la voie nodo-hissienne (ou un second faisceau accessoire). Une fibrillation atriale conduite avec préexcitation droite et aspect de retard gauche variable est possible (FA avec préexcitation).

Ces fibres représentent environ 5% des faisceaux accessoires.


La distinction anatomique
repose sur leur point de départ (nodal, fasciculaire ou atrial) et leur point d’insertion (ventriculaire ou parfois fasciculaire) [2]

  • les connexions atrioventriculaires ou atrio-fasciculaires qui partent de la partie antérolatérale de l’oreillette droite et se terminent à l’apex du ventricule droit ou à proximité ou sur la branche droite du faisceau de His. Ces connexions les plus fréquentes sont responsables de préexcitation, mais se distinguent d’un faisceau de Kent (fibres rapides) car elles sont composées de tissu nodal (fibres lentes). Elles exposent à des tachycardies supraventriculaires réciproques dites « tachycardies de Mahaïm » avec préexcitation (aspect du type bloc de branche gauche).
  • les connexions nodoventriculaires qui partent du nœud AV et se terminent à la pointe du VD ou se perdent dans le septum ventriculaire
  • les connexions fasciculo-ventriculaires qui partent du tronc du faisceau de His et se terminent dans le myocarde ventriculaire

Sur l’ECG au repos, on n’observe typiquement une minime, voire aucune préexcitation avec des QRS peu élargis (< 0,12 s). Des petits indices comme une zone de transition déviée à gauche ou une disparition de l’onde Q septale en V5-V6 peuvent trahir l’existence de la préexcitation. Certains patients présentent au repos un bloc de branche gauche incomplet avec un P-R normal. Dans ce cas, l’empâtement de l’onde r en V2-V4 (qui traduit l’insertion musculaire du faisceau dans le ventricule droit) peut aussi trahir l’existence de la préexcitation.

L’exploration électrophysiologique permet seule le diagnostic lorsqu’elle révèle la lenteur de conduction et les propriétés décrémentielles de ces fibres au cours de l’accélération atriale (« pacing atrial ») : l’intervalle A-H s’allonge, l’intervalle H-V se raccourcit et le QRS s’élargit pour prendre l’aspect d’un bloc de branche gauche.

[1] Sternick EB. Mahaim fibre tachycardia: recognition and management. Indian Pacing and Electrophysiology Journal 2003; 3(2): 47-59. (téléchargeable)
[2] Laham J et Brembilla-Perrot B (2003)