Ablation

Traitement curatif radical d’un trouble du rythme [1][2][3]. L’ablation (« opération consistant à enlever un foyer arythmogène ») est réalisée par des cardiologues rythmologues sous sédation consciente, en général en ambulatoire. Elle repose sur :

  1. la création par radiofréquence (bistouri électrique en bout de sonde d’électrophysiologie) de lésions tissulaires ponctuelles (2 à 3 mm de diamètre) qui suppriment une zone arythmogène (foyer ou portion de circuit arythmogène).
  2. La cryoablation est une technique d’efficacité similaire qui créée une lésion tissulaire au contact du froid (vers -45° C).
  3. Les deux techniques peuvent être réalisées successivement en cas d’échec de l’une d’entre elle et nécessité de réintervention.

Les indications sont réservées aux aux formes invalidantes avec échec des traitements conventionnels.

Ablation d’un faisceau accessoire (ex. faisceau de Kent)

Il s’agit d’une indication idéale d’ablation par voie endocavitaire (abord veineux fémoral puis remontée de la sonde d’ablation dans la cavité atriale droite ou plus rarement gauche). Elle supprime le circuit de réentrée à l’origine des crises de tachycardies supraventriculaires paroxystiques.

Ablation d’une double voie nodale (dualité nodale)

  • L’existence d’une double voie de conduction intranodale est responsable de crises de tachycardie jonctionnelle par réentrée intranodale (« crises de tachycardie de Bouveret« ).
  • La radiofréquence permet l’ablation sélective d’une des deux voies nodales, la voie lente et la cure des crises de tachycardie, au prix d’un risque minime mais sérieux de création d’un BAV complet (2 à 5 %).
  • L’ablation peut aussi se faire par cryothérapie.

Ablation d’un foyer de tachycardie atriale

Ablation d’un circuit de flutter atrial

  • Dans le flutter atrial commun, le macro circuit de réentrée situé dans l’OD emprunte des passages anatomiques obligés. L’ablation de la zone comprise entre la VCI et l’anneau tricuspide (isthme cavo-tricuspide) donne de bons résultats avec un taux de succès initial d’environ 95%.
  • Voir ablation de flutter atrial

Ablation d’une fibrillation atriale

  • Certaines fibrillations atriales paroxystiques prennent leur origine au niveau d’une veine pulmonaire. L’ablation nécessite l’exclusion des quatre veines pulmonaires. Elle est longue et difficile, réservée aux centres très spécialisés (il faut réaliser un cathétérisme trans septal pour positionner les sondes dans l’OG puis dans les veines pulmonaires, une par une).
  • D’autres FA prennent leur origine dans l’oreillette gauche au niveau de substrats arythmogènes (FA persistante en général). Pour cette raison, l’ablation des veines pulmonaires est de plus en plus souvent complétée par l’ablation d’une (ou x) zone(s) arythmogène(s) intra atriale(s). Il s’agit de l’isolation des lignes de propagation (ligne du toit qui relie les veines pulmonaires supérieures ou de la ligne qui relit les veines pulmonaires gauches et la ligne mitrale) ou l’ablation de complexes fragmentés.
  • Résultats et complications : voir Ablation de FA ou flutter

Ablation de la voie nodohissienne (atrioventricular junction ablation).

  • L’interruption totale de la conduction atrioventriculaire est parfois indiquée, lorsque le patient présente des troubles du rythme atriaux rapides, récidivants, mal tolérés sur le plan fonctionnel et que les autres traitements s’avèrent inefficaces ou intolérables pour le patient (effets secondaires des antiarythmiques).
  • On crée alors volontairement un bloc AV complet permanent nécessitant la mise en place d’un stimulateur cardiaque définitif. Une resynchronisation ventriculaire est bénéfique pour les patients insuffisants cardiaques [5].

Ablation d’un foyer de tachycardie ventriculaire.

  • Rendu possible par les nouvelles techniques de cartographie endocavitaire, cette technique offre un taux de succès > 60% [2]. Cela dépend surtout du type de cardiopathie sous-jacente, du foyer arythmogène et des trajets d’activation.
  • Indications en 2009 [3] : les patients à faible risque de mort subite (cardiopathie peu évoluée) avec des TV monomorphes, résistantes, intolérants ou ne désirant pas de traitement antiarythmique TV avec réentrée de branche à branche certaines TV soutenues en complément d’un défibrillateur implantable. certaines TV incessantes (cf. Orage rythmique), ESV symptomatiques monomorphe résistantes au traitement antiarythmique. Chez les patients, intolérants ou ne désirant pas de traitement antiarythmique l’ablation du foyer actif est parfois proposée (cf. Bilan et traitement des ESV).

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