Isoprénaline

Molécule agoniste bêta-adrénergique (ß1 et ß2).

Au niveau cardiaque, l’effet β1 :

  • facilite le courant calcique entrant (ICa), ce qui augmente l’automatisme du nœud sinusal et du nœud AV et améliore la conduction intranodale.
  • restaure rapidement la conductance sodique rapide (INa) et active la Na/K-ATPase membranaire ce qui augmente l’automatisme des pacemakers physiologiques (atriaux, jonctionnels ou ventriculaires), mais favorise l’hyperautomatisme (cf. RIVA ) et et l’automatisme anormal (cf. arythmie ventriculaire).
  • active l’AMPc membranaire et augmente la force de contraction (inotrope positive).

Au niveau périphérique, l’effet β2 provoque :

  • une vasodilatation artérielle systémique et pulmonaire entraînant une baisse de la post-charge
  • une bronchodilatation.

Indications :

  • Bradycardie sévère et mal tolérée liée à des troubles sévères de conduction, après échec de l’atropine, soit parce qu’il faut tenter d’améliorer l’automatisme atrial (cf. Dysfonction sinusale) ou la conduction intranodale (cf. Bloc intranodal) soit parce qu’il faut accélérer la fréquence de dépolarisation des pacemakers accessoires (cf. Bloc infranodal).
  • Torsades de pointes associées à une bradycardie, en complément du traitement étiologique, car l’accélération de la Fc diminue de fait l’intervalle QT.
  • Bas débit après une chirurgie cardiaque, ou plus rarement, au décours de l’arrêt cardiaque si une activité cardiaque lente réapparaît
  • Test de provocation au cours de certaines explorations électrophysiologiques à la recherche du caractère inductible d’une tachycardie ventriculaire.

Voir Bloc AV. traitement en urgence

 

Les effets proarythmogène (ß1) et vasodilatateur de l’isoprénaline (ß2) limitent sa tolérance [1] .

Pour ces raisons, l’isporénaline a perdu son statut de médicament de référence et l’adrénaline ou la dopamine sont recommandées par certains experts en cas de réponse insuffisante à l’atropine (exemple de titration d’adrénaline : 0,05 mcg/kg/min – soit environ 0,2 mg/heure – puis selon la réponse, une dose croissante par pallier de 0,05 mcg/kg) [2]

 

Voir ci dessous : induction de RIVA et ESV après essai de traitement par isoprénaline pour un BAV complet infranodal

 

Posologie : débuter par une faible posologie (ex. 0,2 mg/h ou mieux 0,1 mg/h)

–       en perfusion IV continue : 5 ampoules d’Isuprel® (1 ml = 0,2 mg) dans 500 ml de sérum glucosé isotonique correspond à une concentration de. 0,002 mg/ml. A cette concentration, une perfusion de 500 ml en 5 heures correspond à Isuprel® 0,2 mg/h.

–       en seringue électrique : 5 ampoules d’Isuprel® (1 ml = 0,2 mg) plus 45 ml de G5% correspond à une concentration de 0,02 mg/ml. Pour Isuprel® 0,2 mg/h, il faut donc régler le pousse seringue sur 10 ml/heure.

–       en injection SC, 1 ampoule SC, qui reste une voie d’exception et permet d’attendre la mise en place de la perfusion (Vidal 2020).

 

Surveillance sous traitement. L’utilisation d’ISUPREL impose le monitorage de l’ECG et des autres constantes cardiocirculatoires. Il faut réduire ou interrompre immédiatement la posologie en cas d’apparition d’une hyperexcitabilité myocardique ventriculaire, (extrasystoles polymorphes, répétitives en salves ou tachycardie ventriculaire) ou une fréquence cardiaque trop élevé (ex ≥ 100/min) ou une chute de tension artérielle.

 

Modalités de conservation : Avant ouverture : 2° < t < 8° durant 24 mois (Conserver à l’abri de la lumière, Conserver dans son emballage, Conserver au réfrigérateur). Si le médicament est placé en dehors du réfrigérateur, il doit être conservé à une température ne dépassant pas 25°C et ne doit plus être utilisé après 90 jours (3 mois). Il est conseillé d’inscrire la date de sortie du réfrigérateur sur l’emballage du médicament.

 

[1] Djiane P, Deharo JC. Blocs auriculoventriculaires. Encycl. Med. Chir., Cardiologie–Angéiologie. Paris: Ed. Elsevier (1999): 11-032

[2] Link MS, Berkow LC, Kudenchuk PJ, et al. Part 7: Adult Advanced Cardiovascular Life Support: 2015 American Heart Association Guidelines Update for Cardiopulmonary Resuscitation and Emergency Cardiovascular Care. Circulation. 2015;132(18 Suppl 2):S444-64.