Rythme idioventriculaire accéléré (RIVA)

Rythme accéléré qui naît dans les voies de conduction du myocarde ventriculaire et en particulier le réseau de Purkinje (cf. Hyperautomatisme).

Les RIVA apparaissent habituellement à la phase aiguë d’un infarctus du myocarde, souvent en phase de reperfusion ou au décours d’une ressuscitation, plus rarement au cours d’une intoxication digitalique. Ils peuvent s’observer sur coeur sain (sujet jeune).

Signes ECG principaux

  • Rythme ventriculaire soutenu (≥ 30 secondes) ou prolongé (> 1 heure), de fréquence plus rapide (ex. 50-120/mn) que lors d’un rythme d’échappement ventriculaire (≤ 40/mn).
  • Son apparition et sa disparition sont graduelles.
  • Les complexes QRS sont larges, réguliers et de type ectopique, différent d’une aberration (cf. Complexes aberrants versus ectopiques).
  • Si le RIVA est consécutif à une ischémie coronaire, des anomalies de repolarisation évocatrices d’une ischémie aiguë sont généralement visibles dans le territoire de l’artère coronaire occluse/reperfusée)
  • Le rythme atrial est souvent masqué

Variantes et pièges

  • Alternance entre un RIVA et un rythme sinusal (compétition entre deux rythmes). Dans ce cas, une dissociation atrioventriculaire est fréquente avec de nombreuses captures sinusales (Cf. Quiz vidéo 4 minutes).
  • Infarctus en phase de reperfusion, intoxication digitalique (ou autre)
  • Cœur sain.

RIVA sur coeur sain avec dissociation AV et fusion

Diagnostics différentiels

  • Rythme électro-entrainé par un pacemaker bipolaire (peu visible).
  • Tachycardie ventriculaire lente (120-130/min) par automatisme anormal des myocytes contractiles ou mécanisme de réentrée.

Les RIVA qui surviennent précocement au décours d’un infarctus témoignent d’une reperfusion effective (Cf. Quiz vidéo 4 minutes). Bien tolérés, ils cèdent de façon spontanée et ne nécessitent en général aucun traitement.

 

Blog de SW Smith : ici


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