Extrasystoles ventriculaires bénignes

Extrasystoles ventriculaires associées à un risque nul ou faible d’arythmie ventriculaire fatale. Elles représentent l’immense majorité des patients sans cardiopathie structurelle.

L’ECG permet d’évoquer leur caractère bénin en présence d’ESV monomorphes (≤ 2 morphologies), à couplage fixe et long, non répétitives, diminuant ou disparaissant à l’effort et un cœur électrique apparemment sain. Ces caractéristiques s’opposent point par point aux ESV malignes. Une syncope inexpliquée ou une mort subite familiale exclue le caractère de bénignité.

  • L’aspect d’ESV à retard gauche-axe droit (environ 120°) ou vertical, de grande amplitude, évoque une origine infundibulaire (cf. Extrasystole ventriculaire infundibulaire). Cet aspect est généralement bénin, mais seule la négativité des explorations complémentaires permettra de conclure à leur bénignité. En cas d’anomalie morphologique ou cinétique du ventricule droit (écho cœur, IRM, scintigraphie, angiographie) une évaluation et une surveillance attentives sont recommandées en raison du risque d’évolution vers une forme maligne [1].
  • L’aspect d’ESV à retard droit-axe hypergauche, plutôt fine (≤ 0,12 sec) et ample évoque une origine fasciculaire (cf. Extrasystole ventriculaire fasciculaire). Cet aspect est généralement bénin en l’absence de cardiopathie gauche.

La fréquence des ESV varie dans le temps. Les ESV peu symptomatiques sans cardiopathie structurelle ne sont pas traitées ; rassurer les patients est primordiale [2]. Le traitement antiarythmique est exceptionnel, afin d’éviter les effets pro-arythmiques de certains antiarythmiques, sauf si les ESV sont très symptomatiques. Les patients symptomatiques avec des ESV fréquentes, peuvent être traités dans un second temps (traitement médical). Un traitement par inhibiteurs calciques ou bêtabloquants (surtout s’il existe un déterminisme adrénergique), est parfois utile (palpitations gênantes) mais peu documenté [2] Une ablation est parfois le meilleur traitement des formes symptomatiques ou compliquées de cardiopathie rythmique [2][3].

[1] Aquaro GD, Pingitore A, Strata E et al. Cardiac magnetic resonance predicts outcome in patients with premature ventricular complexes of left bundle branch block morphology. J Am Coll Cardiol. 2010; 56(15):1235-43
[2] Pedersen CT, Kay GN, Kalman J, et al. EHRA/HRS/APHRS expert consensus on ventricular arrhythmias. Europace. 2014 Sep;16(9):1257-83. (téléchargeable)
[3] Cronin EM, Bogun FM, Maury P, et al. 2019 HRS/EHRA/APHRS/LAHRS expert consensus statement on catheter ablation of ventricular arrhythmias: Executive summary. Heart Rhythm. 2020; 17(1):e155-e205.