Inhibiteurs calciques (non-dihydroP)

Antiarythmiques de classe IV : diltiazem, vérapamil et bépridil. Ils bloquent le canal calcique des fibres lentes à l’origine d’un ralentissement dans la dépolarisation du nœud sinusal et la conduction dans le nœud AV. Ils interfèrent aussi avec le couplage excitation-contraction et sont donc dépresseurs myocardiques.

Ils ralentissent la fréquence cardiaque et peuvent allonger l’intervalle P-R. Ils ne modifient pas la durée des QRS et ne possèdent pas d’activité stabilisante de membrane (sauf le bépridil qui allonge le QT). Ils peuvent entraîner une bradycardie sinusale et/ou un bloc AV (voir Dissociation isorythmique).

Le diltiazem et le vérapamil intraveineux sont indiqués en priorité en l’absence de dysfonction VG et si l’hémodynamique le permet (grade I) [1] :

  • pour réduire une tachycardie jonctionnelle. Dans cette indication, ils possèdent une efficacité comparable à celle de l’adénosine [2] , mais sont indiqués en second intention après échec de l’adénosine [1][3]. Leur efficacité serait plus grande en cas de fréquence cardiaque < 175/mn et vice versa [4]. C’est un médicament très efficace et très bien toléré dans cette indication.
  • pour ralentir une tachycardie atriale rapide, au cours ou non d’un infarctus
  • le vérapamil est le traitement de choix pour le traitement d’une tachycardie fasciculaire. Il peut réduire certaines tachycardies atriales focales par réentrée.

Ils ne doivent pas être utilisés pour stopper une tachycardie à QRS larges d’origine inconnue, en particulier chez les patients insuffisants cardiaques.[4] Ils ne doivent pas non plus être utilisés en cas de FA avec faisceau accessoire car ils peuvent favoriser la conduction dans la voie accessoire et accélérer la fréquence cardiaque [3] .

Ils sont indiqués per os comme antiarythmique en prévention des récurrences de TJ (au long cours ou « pilule en poche ») (grade IIb).

 

La posologie de diltiazem pour le traitement intraveineux d’une crise de tachycardie jonctionnelle est de 0,25 à 0,30 mg/kg à injecter en intraveineuse directe en deux à trois minutes [6].

La posologie du vérapamil est de 5 à 10 mg, éventuellement renouvelable après 10 minutes [6]. En cas d’échec, on peut utiliser l’adénosine.

[1]  Page, R.L., Joglar, J.A., Caldwell, M.A. et al. 2015 ACC/AHA/HRS guideline for the management of adult patients with supraventricular tachycardia: executive summary: a report of the American College of Cardiology/American Heart Association Task Force on Clinical Practice Guidelines and the Heart Rhythm Society. J Am Coll Cardiol. 2016; 67: 1575–1623

[2] Gottlieb M, Gore K, Gore SR. Is Adenosine or an Intravenous Calcium Channel Blocker More Effective for Treating Supraventricular Tachycardia? Ann Emerg Med. 2018;72(5):553-5

[3] Brugada J, Katritsis DG, Arbelo E, et al; ESC Scientific Document Group. 2019 ESC Guidelines for the management of patients with supraventricular tachycardia. The Task Force for the management of patients with supraventricular tachycardia of the European Society of Cardiology (ESC). Eur Heart J. 2019 (téléchargeable)

[4] Ballo P (2004)

[5] Zipes DP (2006)

[6] Dictionnaire Vidal 2018