Tachycardie atriale focale réentrée

Tachycardie atriale focale (ou ectopique) en rapport avec un circuit de microréentrée. Le cœur est généralement sain, mais des anomalies structurelles peuvent servir de substrat arythmogène (micro zones de conduction lente et anisotropie) ce qui explique que l’âge moyen soit plus élevé que pour les TAF automatiques. Les TAF peuvent aussi s’intégrer dans le cadre d’une dysfonction sinusale.

Une TAE par réentrée est caractérisée par un début et une fin brusques, ce qui la distingue d’une tachycardie sinusale inappropriée. Le début de l’accès est souvent marqué par un allongement de l’intervalle P-R (conduction décrémentielle du nœud AV). La fréquence atriale variable (120-200/mn). L’onde P’ est différente de l’onde P sinusale sauf si la réentrée est limitée à la région intra ou parasinusale (« tachycardie sino-auriculaire » ou « réentrée intrasinusale »). La configuration de la première onde P ectopique peut changer légèrement d’aspect au début de l’accès en raison des modifications induites par la réentrée et la fréquence atriale varie peu contrairement au TAF automatique.

La conduction AV est généralement bonne (1:1), mais elle peut être dégradée spontanément (bloc AV fonctionnel) ou sous l’action de médicament ralentisseur (ex. conduction 2:1 ou 3:2). Les QRS sont fins sauf en cas d’aberration ou de bloc de branche.

Le diagnostic différentiel avec une tachycardie jonctionnelle et le flutter auriculaire (si l’onde P’ est cachée dans l’onde T, le retour à la ligne isoélectrique invisible et/ou des QRS larges) peut être difficile. De plus, les TAE par réentrée sont sensibles aux manœuvres vagales, à l’adénosine et aux inhibiteurs calciques si leur circuit est proche du nœud sinusal ou du nœud AV. La distinction entre une microréentrée et une activité déclenchée est quasi impossible en clinique, d’autant que l’adénosine stoppe la majorité des deux types. De plus, la stimulation électrique programmée peut les déclencher toutes deux.

Le traitement pharmacologique repose sur les inhibiteurs calciques comme le vérapamil, la digoxine ou l’amiodarone. Les bêtabloquants seraient plus efficaces en cas d’activité déclenchée. Les méthodes ablatives sont généralement efficaces.

Pour en savoir plus : « L’ECG de A à Z » Edition Vigot-Maloine, 2010

Références

[1] Surawicz B et Knilans TK. Chou’s electrocardiography in clinical practice. Ed. Elsevier, 6th édition 2008.

[2] Rosso R, Kistler PM. (2010). Focal atrial tachycardia. Review. Heart 2010 96: 181-185 (téléchargeable)

[3] Simmers, TA and Sreeram, N (2003) Sinoatrial reentry tachycardia: a review. Indian Pacing and Electrophysiology Journal, 3 (3). pp. 109-116. 

[4] Markowitz SM et al. Adenosine-insensitive focal atrial tachycardia: evidence for de novo micro-re-entry in the human atrium. J Am Coll Cardiol. 2007; 49(12):1324-33.