Extrasystole atriale

Activité atriale prématurée, non sinusale, originaire de l’oreillette droite ou gauche. L’influx dépolarise le muscle atrial de proche en proche puis dépolarise les ventricules habituellement par voie antérograde, via le nœud AV et le faisceau de His.

Diagnostic l’ECG

  • Présence d’un atriogramme prématuré, non sinusal (onde P’). L’onde P’ est de morphologie différente de l’onde P sinusale, sauf si elle naît à proximité du nœud sinusal.
  • L’intervalle P’-R est ≥ à l’intervalle P-R en rythme sinusal ou plus court si l’ESA naît dans l’oreillette droite basse à proximité du sinus coronaire.
  • Le complexe QRS conduit est généralement identique aux QRS de base.
  • La somme des intervalles P-P pré- et post-extrasystolique est inférieure au double de l’intervalle P-P sinusal normal car les ESA pénètrent et recyclent habituellement le nœud sinusal par voie rétrograde.

Présentations ESCG complexes

  • Certaines ESA trop prématurées peuvent entraîner un bloc AV partiel (PR long) ou complet (onde P’ bloquée) si elles arrivent dans le nœud AV au cours de sa période réfractaire (Cf. ESA bloquée). Elles peuvent aussi entraîner un bloc de branche par un phénomène d’aberration ventriculaire (Cf. ESA conduite avec aberration).
  • Certaines ESA surviennent de façon régulière tous les deux ou trois complexes P-QRS ; on parle d’ESA bigéminées ou trigéminées (cf. Bigéminisme).
  • Lorsque le couplage est variable, qu’il y a une fusion et/ou que les intervalles interectopiques ont un dénominateur commun, il faut évoquer une parasystolie.

Les extrasystoles atriales (ESA) sont fréquentes et anxiogènes, mais le plus souvent bénignes chez le sujet sain. Les ESA bénignes proviennent des veines pulmonaires [1]. Leur incidence augmente avec l’âge; elles sont quasi constantes au-delà de 60 ans.

Les ESA qui surviennent sur cardiopathie ou qui sont nombreuses, polymorphes et à couplage court (cf. Hyperexcitabilité atriale) exposent au risque d’arythmie atriale en salve ou soutenue (tachycardie atriale, flutter et fibrillation atriale) et par ce biais au risque d’AVC ischémique si des facteurs favorisant sont associés (Chadsvasc) [1][[2].

[1] Heaton J, Yandrapalli S. Premature Atrial Contractions (PAC). In: StatPearls. Treasure Island (FL): StatPearls Publishing; 2020. (téléchargeable)

[2] Huang BT, Huang FY, Peng Y, et al. Relation of premature atrial complexes with stroke and death: Systematic review and meta-analysis. Clin Cardiol. 2017;40(11):962-969. (téléchargeable)