Tachycardie atriale focale automatique

Tachycardie atriale focale (ectopique parfois) en rapport avec une anomalie de l’automatisme atrial (cf. Automatisme anormal).

Elle est fréquente, sur cœur sain ou non, le plus souvent paroxystique, peu soutenue et non rapide (« TA paroxystique bénigne lente »). Elle s’observe plutôt en population pédiatrique, que chez des sujets âgés.

La configuration de la première onde P ectopique reste identique le long de l’accès. Elle peut ressembler à une onde P sinusale. La fréquence cardiaque (130-250/mn) peut augmenter lors de l’apparition (warm up) et diminuer lors de la terminaison (cool down) ce qui est évocateur d’un automatisme accru. Les formes lentes (< 150/mn), et non soutenues sont fréquentes chez l’adulte et le plus souvent bénignes (« TA paroxystique bénigne lente »). Les formes rapides peuvent évoluer vers des accès incessants (« tachycardie atriale incessante »). L’intervalle P-R n’est généralement pas prolongé (contrairement aux TAF par réentrée).

Elles sont sensibles transitoirement à l’adénosine (ralentissement ou suppression transitoire de l’activité atriale) mais pas aux manœuvres vagales. Elles sont déclenchables par une perfusion d’isoprénaline mais non par une stimulation électrique programmée.

Le traitement pharmacologique (antiarythmiques de classe Ic, de classe III, les bêtabloquants ou le vérapamil) peut être décevant. Les formes chroniques persistantes peuvent devenir invalidantes et remanier le myocarde (cf. Cardiomyopathie rythmique). Le traitement curatif repose sur l’ablation du foyer.

[1] Surawicz B et Knilans TK. Chou’s electrocardiography in clinical practice. Ed. Elsevier, 6th édition 2008.

[2] Rosso R, Kistler PM. (2010). Focal atrial tachycardia. Review. Heart 2010 96: 181-185 (téléchargeable)

Autres exemples ECG (abonnés)