Quinidine

Chef de file des antiarythmiques de classe IA.

Elle diminue l’automaticité et la conduction des tissus atriaux et ventriculaires par prolongation directe des phases de repolarisation. 

Effets thérapeutiques : 1. Diminution de l’amplitude de l’onde T avec léger sous-décalage du ST; 2. Ondes U proéminentes; 3. Prolongation de l’intervalle Q-T (QT long); 4. Elargissement et crochetage des ondes P.

Effets toxiques : 1. Elargissement du complexe QRS (effet stabilisant de membrane); 2. Degrés divers de bloc AV; 3. Bradycardie sinusale marquée, bloc sino-auriculaire, arrêt sinusal; 4. Torsades de pointes, fibrillation ventriculaire, mort subite.

Indications

Les quinidiniques ne sont pas recommandés en première intention pour le maintien du rythme sinusal.[1] Seule la disopyramide est envisageable en cas de FA « vagale » (classe IIb).

Ils ne sont pas recommandés en première intention pour la cardioversiond’unefibrillation atriale et ne doivent pas être utilisés hors structure hospitalière dans cette intention.

Ils sont contre-indiqués en cas de syndrome du QT long.

Surveillance/toxicité

Un allongement du QT au-delà de 25%  de sa durée initiale est dangereux et le traitement doit être arrêté immédiatement. De même, un élargissement des QRS (bloc intraventriculaire) au-delà de 25% de sa durée initiale est dangereux et le traitement doit être diminué voire interrompu s’il s’agit d’une première prise.[2]

Un flutter quinidinique (conduction AV 1/1 à QRS larges) est possible lors d’un traitement préventif d’une FA/flutter par un quinidinique (ou le flécaïnamide). En effet, en cas de récidive sous forme de flutter, l’amélioration « quinidinique » de la conduction AV et le ralentissement de la conduction intraventriculaire (fréquence-dépendant) expliquent la conduction AV 1/1 et la fréquence ventriculaire proche de 200/mn à QRS larges.

[1] European Heart Rhythm Association (2010)

[2] Dictionnaire Vidal 2014