Variabilité sinusale

Variation de la fréquence sinusale sous l’influence du système nerveux autonome. Cette variation s’observe en clinique sous forme d’une arythmie respiratoire. La fréquence augmente pendant l’inspiration et diminue pendant l’expiration.

Le « deep breathing » s’accompagne d’une variabilité de la fréquence cardiaque (indice expiratoire/inspiratoire ou Indice E/I) > 15 b.p.m. chez les personnes en bonne santé âgées de plus de 50 ans [2]. Une variation émoussée ou abolie suggère un dysfonctionnement parasympathique.

 

La mesure de variabilité sinusale est effectuée au cours d’un ECG de longue durée par la méthode de Holter (Cf. Holter cardiaque). Elle est exprimée par un index d’analyse temporelle (SDNN ou écart type de tous les intervalles R-R d’origine sinusale sur 24 heures) et une représentation spectrale : basses fréquences (activité sympathique, thermorégulation), moyennes fréquences (modulation du sympathique et du parasympathique par le baroréflexe) et hautes fréquences (tonus vagal).

Une variation émoussée ou abolie suggère un dysfonctionnement parasympathique.

La perte de la variabilité sinusale est parfois utilisée pour évaluer les risques de mortalité cardiaque et en particulier de mort subite des patients qui ont une cardiopathie évoluée. Après un infarctus du myocarde, une faible valeur de SDNN serait un facteur prédictif de troubles du rythme ventriculaire grave et un marqueur de mauvais pronostic [3]. Des travaux sont en cours pour évaluer la pertinence de ce paramètre dans d’autres domaines comme l’insuffisance cardiaque, la surveillance du transplanté cardiaque, les pathologies du système nerveux végétatif.

[1] Ndayisaba JP, Fanciulli A, Granata R, et al. Sex and age effects on cardiovascular autonomic function in healthy adults. Clin Auton Res 2015;25:317–326.

[2] Brignole M, Moya A, de Lange FJ, et al; ESC Scientific Document Group. 2018 ESC Guidelines for the diagnosis and management of syncope. Eur Heart J. 2018 Jun 1;39(21):1883-1948.

[3] Dagres N, Hindricks G. Risk stratification after myocardial infarction: is left ventricular ejection fraction enough to prevent sudden cardiac death? Eur Heart J. 2013;34(26):1964-71