Critères de Sgarbossa

Critères publiés par Helena Sgarbossa en 1996 pour faciliter en phase aiguë le diagnostic d’infarctus avec bloc de branche gauche ou avec d’infarctus avec pacemaker [1][2].

Critères de Sgarbossa

Ces critères reposent sur une anomalie de la règle de la « discordance appropriée » qui existe entre les polarités des complexes QRS et celles des segments ST normalement opposées. Ainsi, un complexe QRS négatif (R < S) est suivi par un sus-décalage de ST et vice versa.

Anomalies :

  1. sus-décalage de ST ≥ 1 mm lorsque les QRS sont positifs (« concordance positive »),
  2. sous-décalage de ST ≥ 1 mm en V1, V2 ou V3 (« concordance négative »),
  3. sus-décalage de ST ≥ 5 mm lorsque les QRS sont négatifs (« majoration de la discordance »).

Dans l’étude GUSTO-1 (131 patients avec infarctus et bloc de branche gauche), les coefficients prédictifs de ces critères pour le diagnostic d’infarctus par occlusion coronaire aiguë étaient respectivement de 5 (concordance positive), 3 (concordance négative) et 2 (majoration de la discordance). La sensibilité d’un critère isolé était faible à moyenne (25 à 73%, risque de faux négatifs), en revanche la spécificité de chacun des critères était > 90% (peu de faux positifs) [1].

Le ratio de vraisemblance positif du critère « majoration de la discordance » est le plus faible des trois (voir valeurs [3]), car une majoration de discordance avec un ST+ ≥ 5 mm en dérivations septales peut se rencontrer – sans infarctus – au cours de cardiopathies non ischémiques lorsque l’amplitude de l’onde S est ample. Ainsi, une onde S ample de 50 mm (5 mV) peut s’accompagner d’un sus-décalage secondaire de ST de 10 mm (ST/S = 0,2 donc < 0,25) en l’absence d’infarctus (ex. HVG et BBG). A l’inverse, un ST+ < 5 mm peut témoigner d’un infarctus si les QRS en dérivations septales sont peu voltés. Ainsi, un ST+ de 4 mm peut correspondre à un infarctus si l’onde S qui précède est de 15 mm (ST/S = 0,2666 donc > 0,25). Enfin une majoration de discordance témoin d’un infarctus peut s’observer dans les dérivations où l’onde R domine S, si le segment ST est profondément sous décalé (ST/R > 0,3).

Pour cela, SW Smith a amélioré la règle de Sgarbossa [3].

Modification de l’algorithme de H. Sgarbossa par S. Smith

Smith a redéfini le critère « majoration de la discordance » ainsi [3] :

  • En cas de ST+ : par un ratio des amplitudes de ST/S dans une seule dérivation ≥ 0,25 (ex. 5/20 = 0,25, 7/25 = 0,28 ou 10/35 = 0,28) ou autrement dit par un sus-décalage de ST > 25% de l’onde S
  • En cas de ST- : par une amplitude du sous-décalage de ST > 30% de l’onde R (ex. 3/9 = 0,33, 4/11 = 0,36).

Attention, en cas d’instabilité hémodynamique, FC > 130/min, insuffisance respiratoire ou œdème pulmonaire, les patients n’étaient pas inclus. En effet quand les besoins en oxygène augmentent, des anomalies de repolarisation s’ajoutent à celles qu’induisent le BBG.

La performance de l’algorithme modifié ainsi par Smith est meilleure que l’algorithme initial de Sgarbossa (sensibilité 91%, spécificité 90%, RV+ 9 et RV- 0,1) [3]. Dans deux études ultérieures, les critères de Smith gardent une excellente spécificité, mais une sensibilité moindre (avec néanmoins une méthodologie différente) [4][5].

En utilisant des critères diagnostics similaires, il est également possible de voir des signes d’occlusion coronaire aiguë en cas d’hypertrophie ventriculaire (Cf. Infarctus et HVG), de préexcitation ventriculaire ou de stimulateur cardiaque (cf. Infarctus et pacemaker).

Réf. P. Taboulet. 100 ECG autour de l’infarctus. Ed S-edition 2020

Blog SW Smith. http://hqmeded-ecg.blogspot.fr/2012/09/modified-sgarbossa-rule-published.html

 

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