Connexion entre deux électrodes qui permet d’observer grâce à un galvanomètre les variations de potentiel électrique du cœur [1].
Les 12 dérivations d’un électrocardiogramme sont obtenues par la pose de 10 électrodes sur la peau. La position des électrodes est définie par des repères anatomiques qui placent le cœur au centre d’un triangle (cf. triangle d’Einthoven). Ces électrodes enregistrent l’activité cardiaque dans six dérivations du plan frontal (dérivations frontales ou dérivations des membres : DI, DII, DIII ou dérivations d’Einthoven et VF, VL, VR ou dérivations de Goldberger) et six dérivations du plan horizontal (dérivations précordiales ou dérivations transverses : V1 à V6 ou dérivations de Wilson).
- Trois dérivations des membres DI, DII et DIII sont bipolaires (un pôle positif et un pôle négatif) et enregistrent l’activité entre deux des trois électrodes d’Einthoven (poignet gauche, poignet droit et jambe gauche). Les dérivations VF, VR, VL sont construites à partir de DI, DII et DIII (cf. Dérivations frontales).
- Les dérivations précordiales sont unipolaires, avec une électrode positive (celle qui donne le nom à la dérivation Vx que l’on explore) et l’autre nulle, obtenue par la combinaison des électrodes des membres (cf. Dérivations précordiales).
Les dérivations qui explorent une même région anatomique ou un même territoire coronaire du cœur sont dites dérivations concordantes. Deux dérivations frontales voisines s’appellent des dérivations adjacentes. Deux dérivations précordiales voisines s’appellent des dérivations contiguës. Le repérage d’anomalies ECG observées dans plusieurs dérivations concordantes renforce l’idée d’une ischémie coronaire.
D’autres dérivations sont parfois utilisées en cas de syndrome coronaire aigu pour explorer le ventricule droit (V3R, V4R, VE) ou la paroi basale du ventricule gauche (V7-V9). D’autres encore sont utiles pour rechercher un syndrome de Brugada (V1-V2 enregistrées au 2e espace intercostal) ou préciser un rythme (Cf Dérivation de Lian, Dérivation de Lewis).
NB. L’enregistrement d’une ou plusieurs dérivations par la méthode de Holter permet l’enregistrement de l’activité électrique du cœur en ambulatoire. L’enregistrement d’une seule dérivation peut être utile pour la surveillance du rythme « au lit du malade » (sur un moniteur ou « scope ») ou à l’aide d’outils plus récents (Apple watch®, Alivecor®, T-shirt connecté… Cf ECG numériques).
Certains constructeurs proposent des ECG qui « reconstituent » assez fidèlement les 12 dérivations à partir de seulement quatre dérivations [2].

[1] Connexion entre deux points d’un circuit électrique. L’enregistrement est assuré à l’aide d’un galvanomètre (appareil utilisé pour mesurer la quantité d’électricité transportée par un courant très bref (Larousse).
[2] Spaich S (2020)