Bloc fasciculaire postérieur gauche

Synonyme : hémibloc postérieur gauche

Atteinte des filets postérieurs (faisceau) de la branche gauche du faisceau de His (cf. Bloc fasciculaire). Ce faisceau est le plus important par sa taille et son importance pour la synergie de contraction entre les deux parois septales et latérales du ventricule gauche.

Ce bloc fasciculaire est rarissime et traduit habituellement des lésions sévères et évolutives de la branche gauche ou du tissu de conduction intra-hissien (dégénératives ou ischémiques). En effet, cette hémibranche est courte, large, doublement vascularisée et située proche du flux entrant, moins turbulent que le flux sortant.

La forme typique [1]

  • Dans les dérivations des membres, un axe droit au-delà de 100° (jusqu’à 180°). En DIII-VF, on observe un aspect qR avec une onde R ample et élargie (empâtée à sa base) et en DI-VL un aspect rS qui confère un aspect S1Q3. En outre, l’onde T est inversée en DIII.  Plus l’axe des QRS est dévié à droite plus le degré du bloc est important. Les complexes QRS sont élargis mais < 110 ms en l’absence de BBD.
  • Dans les dérivations précordiales, on peut observer en V1-V2 un rabotage de l’onde R qui mime un aspect QS et en V5-V6 une disparition de l’onde q septale remplacé par un aspect RS.
  • Une cardiopathie gauche sévère est commune [1]

 

Un HBPG est presque toujours accompagnée par un bloc de branche droit ( » Because isolated LPH is extremely rare, when present it is almost always associated with RBBB « ) [1]. Ce bloc bifasciculaire présente un risque élevé de syncope par bloc AV complet paroxystique (cf. Bloc infranodal) et la pose d’un stimulateur cardiaque doit être envisagée.

Diagnostics différentiels

  1. cœur vertical chez les sujets minces
  2. hypertrophie ventriculaire droite
  3. grand infarctus latéral

 

Un HBPG interfère avec le diagnostic d’ischémie ou d’infarctus. La précocité de l’activation antérieure gauche et les troubles de repolarisation consécutifs aux modifications de dépolarisation peuvent masquer dans le territoire inférieur une onde Q de nécrose et/ou une onde T négative d’ischémie sous-épicardique. Ce diagnostic peut être assuré par la comparaison du tracé en période ischémique avec un tracé antérieur ou par la vectocardiographie [1]

Vidéo YouTube (P. Taboulet) : les Blocs Intraventriculaires

 


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