Bloc inter-atrial

Synonyme : bloc intra-atrial (BIA)

Trouble de la conduction entre les deux oreillettes, probablement en rapport avec une altération du faisceau de Bachmann qui relie l’oreillette droite à la gauche.

Ce bloc est mal connu et attribué souvent à tort à une hypertrophie/dilatation atriale gauche. Il s’en distingue par son caractère parfois transitoire d’un complexe à l’autre (aberration atriale) et son caractère diphasique [+/-] en dérivations inférieures dans les cas les plus sévères (ainsi qu’en électrophysiologie intracardiaque et en vectocardiographie) [1] [4] .

 

Diagnostic ECG : la durée de l’onde P mesure au moins 120 ms [1]

  • BIA du premier degré (bloc partiel). L’onde P est bimodale et présente dans le plan frontal une encoche avec deux pics séparés de plus de 40 ms et en dérivation V1 une forte négativité terminale plus importante qu’en cas d’hypertrophie atriale gauche. Le caractère transitoire de cette anomalie ou le passage à un BIA de degré supérieur aident au diagnostic en l’absence d’outil diagnostique plus sophistiqué que l’ECG. Ces BIA sont très fréquents chez le sujet âgé en absence d’hypertrophie atriale gauche ; leur relation avec la fibrillation atriale et un risque accru de mortalité globale et cardiovasculaire ont été démontrés (Réf. Bayes de Luna).
  • BIA du second degré (bloc partiel). « La morphologie de l’onde P change dans le même enregistrement d’un aspect normal à un bloc interatrial de premier degré vers un bloc du troisième degré ou vice versa, avec ou sans relation avec les battements prématurés précédents ».
  • BIA du troisième degré (bloc complet). L’onde P présente un aspect bimodal +/+ en DI-VL et diphasique +/- en dérivation DII. Ces BIA sont moins fréquents, mais sont des marqueurs forts d’hypertrophie atriale gauche et exposent à des tachycardies atriales paroxystiques. Ce bloc est fréquemment associé à une hypertrophie atriale gauche. Il se distingue du bloc du second degré par son caractère transitoire (aberration atrial) et son caractère diphasique [±] en dérivations inférieures.

Le bloc interatrial (BIA) précède ou accompagne généralement des troubles de conduction sinoatriale ou intranodale (cf. Maladie rythmique de l’oreillette). De plus, il constitue un substrat arythmogène (pour un mécanisme de réentrée intra-atriale) à l’origine de tachycardies atriales paroxystiques (fibrillation atriale et plus rarement tachycardie atriale focale).  Sa présence est considérée comme un véritable substrat arrhythmogène [1] [2] [3] [5]

 

Diagnostic différentiel.

Rythme jonctionnel. En particulier lorsque l’aspect initial positif de l’onde P en DII est peu visible en raison d’une fibrose atriale (cf. Figure)

 

Voir biblio actualisée et risque de FA ici

 

Références et autres ECG (réservé aux abonnés)


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