Chloroquine

La chloroquine (amino-4-quinoléine) se comporte comme un antiarythmique de la classe Ia en raison de sa structure chimique qu’elle partage avec les quinidiniques. Ces propriétés « quinidine-like » expliquent l’effet stabilisant de membrane.

A dose thérapeutique au long cours, on peut observer parfois l’aplatissement de l’onde T et/ou un allongement de l’intervalle Q-T. Ces anomalies n’ont pas de conséquence clinique et régressent après quelques jours [1]

A dose toxique (≥ 2 g), on observe :

  • de façon constante, un aplatissement de l’onde T et un intervalle QT long
  • puis de façon dose-dépendante, un élargissement des complexes QRS qui témoigne d’un bloc intraventriculaire. Cet élargissement, mesuré là où le QRS est le plus large, peut être modéré (> 0,10 sec) voire monstrueux (0,20 à 0,40 sec). Les QRS très larges s’accompagnent en règle d’un choc cardiogénique
  • une absence de tachycardie malgré un éventuel collapsus.
  • un allongement possible de l’onde P et parfois un bloc AV du 1er degré.
  • un trouble du rythme ventriculaire (extrasystoles ventriculaires polymorphes, tachycardie ventriculaire, fibrillation ventriculaire) peut survenir à tout moment au début d’une intoxication et doit être anticipé.

Un QRS élargi > 0,10 sec expose à la survenue soudaine de troubles du rythme le plus souvent fatals. Ce seuil, la survenue d’une tension artérielle < 100/mm Hg et/ou une dose supposée ingérée ≥ 4 g sont les trois paramètres qui permettent de classer l’intoxication en catégorie grave devant orienter vers une prise en charge spécifique [2] .

[1] White NJ. Cardiotoxicity of antimalarial drugs. Lancet Infect Dis 2007; 7:549-58.

[2] Clemessy JL, Taboulet P, Hoffman JR, et al. Treatment of acute chloroquine poisoning: a 5-year experience. Crit Care Med. 1996; 24(7):1189–1195.