Préexcitation 3. Risque

Une PE favorise le phénomène de réentrée et peut se compliquer de tachycardies réciproques et/ou de fibrillation atriale (cf. Syndrome de Wolff-Parkinson-White). La plupart des patients (> 80%) restent asymptomatiques toute leur vie.[1]

Les PE fasciculo-ventriculaires sont des curiosités car ne donnent pas d’arythmies. La voie accessoire relie le faisceau de His au septum ventriculaire. L’espace PR est normal et la préexcitation est mineure, voisine des préexcitations antéro-septales. Le degré de la préexcitation reste constant quelle que soit la longueur de PR. Un réflexe vagal ou l’injection d’adénosine qui allonge le PR ne modifie pas le degré de préexcitation et s’il y a un échappement jonctionnel, il est identique aux complexes conduits. De plus amples investigations rythmologiques ne sont pas nécessaires.

Un danger réel existe à l’occasion d‘un passage en FA/flutter atrial conduit aux ventricules par un faisceau accessoire à période réfractaire courte et donc une excellente conduction, plus rapide que par voie nodo-hissienne (cf. Fibrillation atriale conduite avec préexcitation). La FA/flutter s’accompagne alors d’une cadence ventriculaire extrêmement rapide (ex. > 200-300/min) à QRS larges en accordéon, à l’origine d’une très mauvaise tolérance, voire d’une mort subite (0,13% par an selon une méta-analyse incluant 1869 patients). En raison de ce risque réel, mais exceptionnel, la découverte d’une PE justifie pour certains une évaluation systématique du risque de malignité.

Voir Préexcitation ventriculaire : conduite à tenir.

 

[1] Brugada J, Katritsis DG, Arbelo E, et al; ESC Scientific Document Group. 2019 ESC Guidelines for the management of patients with supraventricular tachycardia. The Task Force for the management of patients with supraventricular tachycardia of the European Society of Cardiology (ESC). Eur Heart J. 2019 (téléchargeable) Most patients with an asymptomatic WPW pattern will go through life without any clinical events related to their ventricular pre-excitation. Approximately one in five patients will develop an arrhythmia related to their AP during follow-up.