MALADIE PULMONAIRE CHRONIQUE

Les maladies pulmonaires chroniques et séquelles de pathologies pulmonaires sont parfois génératrices d’obstruction bronchique, d’emphysème ou hypertension artérielle pulmonaire qui retentissent sur le cœur droit (cœur pulmonaire chronique).

L’emphysème refoule le diaphragme vers le bas ce qui abaisse le cœur dans le thorax. Les dérivations précordiales en position habituelle (4e et 5e espaces intercostales) n’explorent plus orthogonalement le cœur (mais un peu « par-dessus »), ce qui modifie l’aspect des complexes QRS en précordiales (retard droit, rabotage de r). La dilatation du VD et la verticalisation du coeur contribuent à la déviation axiale droite et au déplacement de la zone de transition vers la droite (vers V5 voire V6). Une hypertrophie/dilatation atriale droite est fréquente et modifie l’axe et la forme de l’onde P (« P pulmonaire »). Enfin, une hypertension artérielle pulmonaire ou une hypertrophie/dilatation ventriculaire droite peuvent ajouter d’autres signes ECG [1].

Depuis Zuckermann en 1948 [1], on sait qu’il faut évoquer une maladie pulmonaire en cas de signes ECG évocateurs et que ceux-ci sont multiples. Comme pour le diagnostic de l’embolie pulmonaire, les signes peuvent manquer de sensibilité ou de spécificité. Mais comme pour l’embolie pulmonaire, il serait dommage de se passer de l’ECG dans le bilan d’une dyspnée, car il peut révéler des signes de cœur pulmonaire chronique en cas de BPCO, d’HTAP ou d’emphysème, ou encore de coeur pulmonaire aigu en cas d’embolie pulmonaire, de pneumothorax ou épanchement pleural…  [2].

Lisez le quiz disponible cette semaine sur la page d’accueil (à retrouver plus tard dans la série de quiz Cardiopathie)… ou les entrées du lexique « maladie pulmonaire« ,  « emphysème » ou encore « embolie pulmonaire« .

Bonne lecture – PT

[1] Zuckermann R, Cabrera CE, et al. Electrocardiogram in chronic cor pulmonale. Am Heart J. 1948; 35(3):421-37

[2] Larssen MS, Steine K, Hilde JM, et al. Mechanisms of ECG signs in chronic obstructive pulmonary disease. Open Heart. 2017;4(1):e000552 (téléchargeable)