Electrocardiogramme. Lecture

La lecture puis l’analyse d’un ECG doit être méthodique et rigoureuse.

  • Il faut d’abord vérifier la qualité du tracé (stabilité de la ligne de base, absence d’artéfacts), l’étalonnage et la vitesse de déroulement du papier, le choix du filtre, la position des électrodes, le nom du patient et la date.
  • Il faut ensuite s’enquérir du ou des symptômes ou situation motivant la demande, de l’âge, du sexe et parfois de l’ethnie, des conditions d’examen (demi-assis, couché…), de la morphologie de la cage thoracique (pectus excavatum, hypertrophie mammaire…), de pathologies ou d’une prise de médicament(s) à retentissement possible sur le cœur et de l’existence d’un stimulateur cardiaque. Toutes ces informations sont utiles, mais biaisent parfois l’interprétation (« biais d’expectation »).
  • Puis, il faut lire le tracé comme un livre, de haut en bas puis de gauche à droite, c’est-à-dire commencer par les dérivations frontales puis les dérivations précordiales et terminer par le tracé long d’une ou plusieurs dérivations (en général 10 secondes prévues en bas de page par les constructeurs).

On débute par l’analyse de l’onde P et mesure de l’intervalle PR (reflet de l’automatisme atrial et de la conduction atrioventriculaire), puis l’analyse du complexe QRS (reflet du muscle en regard de l’électrode), enfin l’analyse des segments ST-T (repolarisation très dépendante des conditions ischémiques, métaboliques, toxiques, thermiques).

 

L’activité atriale : onde P

·      origine : sinusale ou extra-sinusale ?

·      mode de dépolarisation : antérograde, rétrograde ?

·      aspect : fréquence, axe, durée, amplitude, mono- voire diphasique ou bifide, repolarisation atriale ?

·      et/ou rechercher d’autres auriculogrammes : extrasystoles, ondes f, ondes F

L’activité ventriculaire : complexes QRS 

·      dérivations frontales : axe des QRS, fréquence, durée et amplitude ?

·      dérivations précordiales : aspects en dérivation V1 et en dérivation V6, évolution de V1 à V6, déflexion intrinsécoïde?

·      anomalies spécifiques : conduction intraventriculaire, ondes Q, indices d’hypertrophie, QRS fragmentés …

La conduction atrioventriculaire

·      intervalle P-R : durée ?

·      ratio entre les ondes P et les QRS, onde P manquante, QRS manquant ?

La repolarisation 

·      segment ST : déviation du point J par rapport à la ligne de base ?

·      onde T : amplitude et polarité par rapport aux QRS, onde U ?

·      intervalle Q-T : durée comparée à la fréquence (intervalle QTc) ?

 

La transcription de la lecture précisera en priorité le rythme cardiaque et la fréquence, puis les éventuels changements de rythme et/ou extrasystoles, la conduction atrioventriculaire, la forme des QRS et la conduction intraventriculaire, la repolarisation et le QT. La terminologie devra être précise, à l’instar des dernières recommandations 2007 [1].

La transcription se terminera par une synthèse (ou conclusion) destinée à répondre à la question posée par la clinique. Par exemple, on peut conclure à un ECG normal, une variante ECG de la normale, une anomalie non spécifique, un ECG douteux ou un ECG en faveur de telle pathologie aiguë ou chronique.

 

Je recommande une identification précise du médecin (Dr XXXX) qui lit et annote l’ECG directement sur le papier ECG.

[1] Mason JW et al. Recommendations for the standardization and interpretation of the electrocardiogram: part II: electrocardiography diagnostic statement list a scientific statement from the American Heart Association Electrocardiography and Arrhythmias Committee, Council on Clinical Cardiology; the American College of Cardiology Foundation; and the Heart Rhythm Society Endorsed by the International Society for Computerized Electrocardiology. J Am Coll Cardiol 2007; 49(10):1128-35. Review. (téléchargeable)

[2] Hurst JW. Naming of the waves in the ECG, with a brief account of their genesis. Circulation. 1998 Nov 3;98(18):1937-42. (téléchargeable)